Francês

Et si les étudiants prenaient la place de l’enseignant?

C’est le pari de Jean-Charles Cailliez, enseignant-chercheur à Lille. Son idée de « classe renversée » a transformé les cours magistraux en sessions collaboratives, où l’apprentissage se construit sans se départir des fondamentaux.

Apprendre en enseignant

« L’idée est partie d’un adage qui dit que la meilleure façon d’apprendre, c’est d’enseigner », sourit Jean-Charles Cailliez. À 63 ans, cet enseignant-chercheur en biologie cellulaire et moléculaire à l’Université catholique de Lille, dans le nord de la France, est intarissable lorsqu’il évoque la classe renversée, un concept de son cru inspiré des classes collaboratives et inversées. « Pendant vingt-cinq ans, j’ai été un prof classique : je faisais des cours magistraux et je n’avais aucun souci avec l’enseignement de ma matière », raconte-t-il.

La bascule survient en 2012, lorsqu’il se forme aux méthodes du codesign, une démarche centrée sur les utilisateurs et faisant appel à l’intelligence collective pour élaborer des solutions. Il expérimente ces procédés lors d’ateliers et de réunions, constate leur efficacité, et, durant l’été 2012, réfléchit à la meilleure manière de les transposer en classe — pour rendre les élèves acteurs et non simples consommateurs de leur apprentissage. Il crée alors un scénario, un modèle de travail en équipe, des exercices, une boîte à outils… et en parle à ses collègues : « Tout le monde se marre… », se souvient-il.

D’abord baptisé « classe Do It Yourself », le cours commence en janvier 2013 avec 80 étudiants de 3e année de licence. Succès D’abord baptisé « classe Do It Yourself », le
cours commence en janvier 2013 avec 80 étudiants de 3e année de licence. Succès immédiat. « L’originalité réside dans le fait que je me suis attaqué à une matière principale et à un cours magistral, et que j’ai immédiatement demandé à chaque étudiant d’évaluer les séances avec des points positifs et négatifs », résume l’enseignant-chercheur.

Il partage ces retours sur les réseaux sociaux et via son blog, faisant rapidement des émules.Contacté par des profs, des entreprises, invité à des colloques, on lui propose d’écrire des livres. L’expérience devient une activité de formation et de conseil. Son approche, renommée « classe renversée », essaime désormais dans le monde entier, à tous les niveaux scolaires.

Concrètement, ça marche comment?

La classe renversée peut être mise en place avec des groupes de 10 à 80 étudiants, l’effectif optimal étant d’une quarantaine. Ils sont répartis en groupes de six, constitués par Jean-Charles Cailliez :« Je mélange les bons, les moins bons, les filles, les garçons, je sépare les affinités. »

Pour faciliter l’organisation, des rôles sont attribués : délégué, responsable de la bibliographie, chargé des questions, de l’iconographie…Cette répartition est souvent abandonnée une fois le groupe rodé.« Quand ils arrivent en classe, ils ne savent pas ce qui va leur arriver. »[…]

Sarah Nuyten

Jean-Charles Cailliez

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